La CCI du Tarn vient de publier une infographie très instructive sur les pratiques des entreprises touristiques tarnaise.

237 sites ont été audités et cette synthèse fait apparaitre de grosses lacunes. Parmi celles qui me semblent les plus préoccupantes :

Seulement 14% des sites  sont en responsive design et 30% ont un temps d’affichage rapide sur téléphone mobile. Ces faibles résultats sont étonnants, à l’heure ou la navigation sur smartphones  ou tablettes est en train de devenir un usage courant et ou des indicateurs ne trompent pas :
Google a annoncé qu’à partir du 21 avril prochain, les sites compatibles mobiles seront officiellement favorisés (dans les recherches sur mobile).
34% des réservations à J-15 sont réalisées sur mobile (notamment celles de dernière minute) cette tendance devraient encore progresser dans les années à venir.
Des cms comme wordpress, dont la prise en main est relativement aisée proposent des thèmes adaptés mobiles, le passage sur ce genre de plateforme peut engendrer des coûts relativement réduits pour un investissement pertinent. Encore faut-il connaitre l’existence de ces produits.

Le contenu et le design, qui sont pourtant les premiers éléments de mise en confiance ont globalement bien été appréhendés par les acteurs touristiques. Pourtant seulement 1 site sur 2 propose une autre version en langue étrangère, mais seulement 23% sont bien traduits.
Il est bien connu  que les français sont fâchés avec les langues. C’est donc probablement en toute bonne foi, qu’ils ont fait appel à un ami, une connaissance, un prestataire qui ne maitrise pas suffisamment les spécificités de ce genre de traduction.

La réservation en ligne reste encore un parent pauvre. 27% seulement des sites audités permettent une réservation directe par un système tiers (quid  du paiement en ligne ?). Entre channels managers, moteurs de réservation, CRM et le nombre de solutions proposées comment s’y retrouver quand on n’est une petite structure ou novice en la matière ?

Au niveau du référencement, si 3/4 des prestataires sont présent sur Google my business et sortent sur la première page si leur nom est associé à la ville d’activité, ils sont seulement 15% à avoir leur nom associé au département d’implantation.
Pourtant, le nom du département est probablement la première porte d’entrée des touristes en recherche d’informations sur leur lieu de destination. C’est vraiment dommage, car de bonnes pratiques en terme de SEO (comme l’url rewriting) ont plus ou moins été intégrées même s’il reste encore de l’optimisation à faire.

Si la nécessité d’être présent sur les différents réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Tripadvisor a été assimilée, elle semble globalement mal appréhendée comme outil d’animation, de fidélisation et d’acquisition de clientèle. Pour preuve, 80% des prestataires ne répondent pas aux avis laissés sur ces pages et ce malgré une note très élevée de 4,5/5.
Pourtant, tout laisse à penser qu’une présence active sur les réseaux sociaux va avoir un impact indirect de plus en plus fort sur le référencement… autant en profiter.

 

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Que penser globalement de ces chiffres ?

Le constat est sans appel, il y a de grosses marges de progression et d’une certaine manière c’est assez rassurant : la situation ne peut que s’améliorer.
Les acteurs touristiques du département, ne sont pour autant pas à blâmer. La somme de compétences à acquérir (ou comprendre) est telle, qu’elle dépasse largement celles de leur cœur de métier. Les principales difficultés résident dans le fait que les technologies évoluent de façon très rapide, les bonnes pratiques nécessitent d’avoir une approche agile pour s’adapter les plus rapidement possible.

Mais alors quelles solutions ?

Certains de ces points pourraient être facilement corrigés sans recourir forcément à de gros investissements. Le premier levier qui pourrait être utilisé, c’est la formation permanente et continue des différents acteurs. Les ateliers de vacances, mis en place par le CDT du Tarn sont un bon début mais devrait s’inscrire dans une logique de moyen et long terme pour pouvoir réellement porter leurs fruits.
La complexité d’une présence efficace sur Internet fait appel à tellement de compétences, que les différents sujets ne peuvent malheureusement pas être traitée sur des seules journées de sensibilisation, qui restent, malgré tout, trop générales.

S’ils sont souvent désemparés face aux nouvelles technologies, les acteurs touristiques ne demandent qu’à apprendre. Une piste à suivre, pourrait être la mise en place d’ateliers pratiques sur des problématiques concrètes et la mise en place de solution adaptées.
C’est uniquement par un travail en profondeur, s’inscrivant dans une démarche participative régulière, que les différents participants pourraient alors s’approprier les différents outils et intégrer progressivement les bonnes pratiques à mettre en place.
Des ateliers dont la fréquence devrait être soutenue et compatible avec la saisonnalité liée à ce type d’activité, devraient permettre l’interactivité entre stagiaires. Progressivement, cette approche spécifique et dédiée, pourrait faire naitre une synergie de terrain, profitable à l’ensemble du territoire de destination.

Pour le problème spécifique de traduction, pourquoi ne pas fédérer les différents acteurs autour d’un interlocuteur pertinent qui serait en charge de vérifier la qualité des textes traduits et éventuellement négocier des prix au volume auprès de prestataires qualifiés ?

Les pistes de réflexion et d’action existent, probablement que la CCI et le CDT du Tarn travaillent dans ce sens ?