Depuis quelques années, l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) est partie en guerre contre les « chambres d’hôtes » illégales. Grâce à leur action, Sylvia Pinel (ministre du tourisme) et Benoit Hamon (ministre de la consommation) ont publié une instruction destinée aux préfets afin de leur rappeler la réglementation en vigueur (télécharger le pdf).

Ce document reprend la définition d’une chambre d’hôtes et détaille les obligations réglementaires et fiscales qui s’imposent à ce type d’hébergement, avec notamment  :

  • Déclaration en mairie
  • Immatriculation au registre du commerce et des sociétés (sauf dérogation)
  • Régime social et fiscal
  • Obligation de formation
  • Affichage et publicité des prix
  • Contribution à l’audiovisuel public
  • Réglementation en matière de sécurité incendie

Hors, si l’on y regarde de plus près, les hébergements incriminés n’ont généralement (et pas toujours) comme seul point commun (avec les chambres d’hôtes), le fait qu’il s’agisse d’un accueil familial moyennant rémunération.

En stigmatisant de la sorte les chambres d’hôtes, l’Umih fait preuve de beaucoup de mépris envers les professionnels du tourisme qui ont fait de l’accueil en chambre d’hôtes, leur métier.
Comme les hôteliers, ils sont soumis à des règles strictes comme le rappelle à bon escient l’instruction des ministres.

Pour rappel, les chambres d’hôtes ont été créées en 1969 pour apporter un complément de revenus aux agriculteurs et stopper l’exode rural. Depuis les choses ont énormément évolué, les propriétaires se sont professionnalisés et le cadre réglementaire s’est durcit.

Si l’arrivée des chambres d’hôtes sur le marché de l’accueil touristique a toujours été vécu par l’industrie hôtelière comme une concurrence déloyale, ce sont deux approches avec deux univers économiques différents qui peuvent et doivent cohabiter.

Car ne nous trompons pas, les « chambroteurs » sont pour la plupart des gens passionnés, qui ont investit temps et argent, qui ont du s’adapter aux dures lois du marché et qui ne représentent que 3% de l’hébergement marchand. Comme les hôteliers ils sont eux aussi victimes de cette concurrence déloyale.

Il n’y a pas de chambres d’hôtes illégales, il y a des hébergements touristiques illégaux mais qui ne correspondent en rien à l’esprit des chambres d’hôtes.

Le combat est assurément le même, il s’agit de mettre fin à ses pratiques qui engrangent parfois de substantiels revenus au détriment de toute une filière. Comme le rappelle Christine Bokobza dans un article paru sur les Echos, « Ces nouveaux hébergements n’utilisent pas abusivement l’appellation de chambre d’hôtes, et ne peuvent donc pas être sanctionnés pour cela. ».
Pourtant différentes plateformes n’hésitent pas utiliser cette appellation et tromper la clientèle.

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Pourtant, il y aurait une mesure relativement simple que le gouvernement pourrait mettre en oeuvre, pour stopper l’hémorragie. En s’appuyant simplement sur la réglementation en vigueur et notamment l’obligation de déclaration en mairie, pourraient ne publier sur ces plateformes que les hébergements préalablement déclarés en mairie.
A charge pour la plateforme de vérifier que le numéro de déclaration corresponde bien à l’hébergement indiqué.

Une telle mesure présenterait plusieurs avantages :

  • Celui de faire porter la responsabilité sur la plateforme et donc les éventuelles sanction aussi.
  • De mettre fin à ces pratiques douteuses
  • De recenser les hébergements existants et pouvoir mettre des contrôles en place.

Je ne suis pas un spécialiste et je ne sais si juridiquement cette proposition pourrait être mise en palce.

Mais s’il y a un combat que l’Umih pourrait mener pour l’ensemble des professionnels du secteur… c’est bien celui-là.